Celle qui était toute fâchée

Connaissez vous le pire ennemi de l’infirmière libérale? mis à part notre ministre? mis à part les préjugés sur notre exercice? mis à part les joies de l’administratif?

non?

Ce sont les travaux!

Actuellement, dans ma p’tite ville, les travaux fleurissent à chaque coin de rues… à mon grand désespoir! Me voilà donc contrainte de faire des tours et des détours pour éviter les travaux mais aussi les bouchons (ces deux là vont souvent de paire, bizarrement).

Tous ces détours me font perdre un temps précieux, un temps que j’aurais pu / du accorder aux patients. Oui, je l’avoue, je préfère faire cinq minutes de causette avec les patients. A mon avis (qui vaut ce qu’il vaut), l’IDEL est là pour le soin technique certes, mais aussi pour écouter le patient.

Avec ces maudits travaux, je me transforme en harpie vociférante, couinant que je vais être en « retaaaaaaaaaaaaaaaaard, mais avance espèce de mou du genou, alleeeeeeeeeeeeeez bouge toiiiiiiiiiii ».

et les patients (enfin, certains…) me font bien remarqué que je suis en retard par rapport à d’habitude… et quand je leur explique les travaux – bouchons -c’est la cata; certains ne me croient pas (ceux qui ne mettent pas le nez dehors). Dans notre p’tite ville, il n’y a JAMAIS de bouchons, voyons.

Et là, je mobilise toutes mes ressources zen pour ne pas répondre méchamment au patient. Déjà, s’il ne sort pas, ce n’est pas forcément parce qu’il ne le veut pas, mais plutôt parce qu’il ne le peut pas.

Mais tout de même… JE DÉTESTE LES TRAVAUX

Celle qui devait trouver un destrier

Les débuts ont été stressants (mes nuits ont été hantées de rêves étranges où j’errai dans une rue en criant le nom du patient car sa maison avait disparu (secret professionnel, bonjour!!)), mais aussi enrichissants. J’ai pu me rendre compte que j’ai fait le bon choix en me lançant dans le domicile (même si l’administratif me ronge).

paperasseMoi, noyée sous la paperasse libérale

Tout allait donc bien au pays des Bisounours! J’enchaînais mes tournées allègrement, je domptais peu à peu mon logiciel de télétransmission, j’apprenais à ne pas hyper ventiler à chaque appel de la CPAM, ni à chaque courrier de l’Urssaf.

Et puis, un jour, mon fidèle destrier, mon cabinet roulant, ma deuxième maison, mon bébé à quatre roues a montré quelques signes évidents de faiblesse.

Un matin (où j’étais à la bourre, bien évidemment sinon ça ne serait pas aussi drôle!), ma voiture m’a pris entre quatre zyeux et m’a dit « Christina, je suis navrée, mais là, ça ne va plus être possible! Fais ta tournée à vélo et laisse moi mourir en paix »

little-pendu

Argggggg argggggggg arggggggg! mais je fais comment pour bosser moi!!!!!!!

Ouf, mon conjoint n’était pas encore parti travailler… j’ai donc pu négocier avec lui pour récupérer SA voiture (la contre partie, c’est que je devais l’emmener et le récupérer au boulot… alors que ses horaires et les miens sont juste pas vraiment compatibles… bref je suis mauvaise en négo). Le temps de transvaser tout mon matériel dans sa voiture et j’ai filé chez mon premier patient (qui n’a pas manqué de constater que je n’avais pas ma voiture habituelle!)

Toutefois, cette solution ne pouvait être que provisoire (mon chéri n’est pas adepte du cyclisme, ni du sport en général et il n’est pas non plus Mère Térésa).

J’ai donc commencé à fureter sur Internet à la recherche de mon futur carrosse… Je le voulais de la même taille que feu mon fidèle destrier, avec si possible un coffre un poil plus grand, une caméra de recul ou un radar de recul (oui, je ne sais PAS trop bien manœuvrer), une boîte automatique, et si possible hybride (car je pense que les démarrages et arrêts non stop ont précipité le suicide de mon destrier Ier du nom…). Pour le reste, options et autres, je m’en fichais comme de ma première seringue!

Par contre, pas question d’acheter mon carrosse! J’ai découvert que le leasing était tout de même bien plus pratique pour une IDEL (la location comprend le véhicule mais aussi son entretien, le prêt d’un véhicule si jamais j’étais en panne etc ET ça passe dans les frais professionnels).

Le lendemain d’un de mes multiples furetages, j’ai reçu un appel d’un concessionnaire de ma ville pour me proposer de faire un essai sur une de leurs hybrides. (je me suis sentie limite fliquée d’ailleurs…)

Je suis allée faire l’essai, histoire de voir aussi les tarifs…

Puis j’ai contacté mon banquier, car il avait déjà évoqué le leasing (sans me convaincre à l’époque, vu que j’avais encore mon fidèle destrier!) pour comparer les financements du concessionnaire avec celui de ma banque.

Puis j’ai contacté Dieu… alias mon comptable, pour qu’il me dise si pour lui c’était ok ou pas.

Bref, j’ai passé commande… et maintenant j’attends la livraison (et mon chéri l’attend avec encore plus d’impatience que moi (grosse feignasse))

Celle qui débutait

Voilà. J’y suis. J’ai fini mon ultime jour de travail à l’hôpital. J’ai quelques jours de répit devant moi avant de plonger dans le grand bain de l’exercice libéral.

A mon premier jour, j’ai failli pleurer… je me suis perdue, pas moyen de trouver l’adresse d’un patient, mon GPS me disait que ce monsieur habitait à 3h47 de mon point de départ… j’en ai déduit que mon GPS avait du prendre un peu trop de soleil… ou que j’avais rentré une adresse erronée. Je vous rassure, depuis j’ai retrouvé mon chemin!

Mes premiers jours en tant qu’IDEL ont été caractérisés par un sommeil fort perturbé, peuplé de cauchemars tous aussi stupides les uns que les autres, par un transit intestinal accéléré (glamour, toujours) et des crampes abdominales affreuses.

Diagnostic fastoche = je suis en stress complet!

Autant je gère les soins sans trop de difficultés (et c’est là que je mesure l’expérience acquise) et la relation avec les patients, autant les raffinements administratifs de la nomenclature ET de mon outil de télétransmission me laissent parfois bien démunie!

Ce n’est pas faute d’avoir potassé la dite NGAP, ni d’avoir essayé de manipuler le dit engin de télétransmission… mais une fois devant le patient (qui cause… qui cause) et mon engin qui ne veut pas faire ce que je lui demande… J’ai attrapé quelques sueurs froides et quelques coups de chaud!

J’ai bien évidemment commis quelques boulettes, mais j’ai contacté la CPAM dans la foulée (preuve de ma bonne foi!). Les interlocuteurs de la CPAM ont été adorables, à l’écoute, je me sens vraiment épaulée.

En revanche, j’ai acquis un nouveau TOC depuis le début de mon activité : je consulte comme une folle dingue le solde de mon compte pro! On peut dire que le solde m’a fait hyper ventiler et stresser les deux premiers jours. Depuis que je perçois le salaire de mes actes, ça va un peu mieux!

Pour le moment: hôpital = 0; libéral = 1